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Crise de foi

le Mer 8 Aoû - 16:04
« Allons-y. » dit Riza en posant une main sur l'épaule de sa soeur.

« Oui, nous n'avons plus rien à faire ici… » répondit Konoe en détournant le regard de la tombe d'Aki.

Le cimetière d'Argem s'étendait autour d'elles, parsemé de sépultures récentes. Les traces du siège qu'avait subit la ville étaient encore visibles un peu partout, mais c'était vraiment ici qu'elle avait prit conscience de l'ampleur des dégâts. Tant de vies gâchées par sa faute…

L'oracle parcouru rapidement l'allée, sa jeune soeur sur ses talons. Elias parti avec son dragon cadavérique, elles allaient devoir se débrouiller. Heureusement, un convoi devait se rendre à Ouestrive et Konoe avait pu négocier son passage et celui de sa cadette. Elles finiraient le voyage à pieds.
Une fois sortie du cimetière, les soeurs Mo'kal prirent la route de la sortie principale de la ville.

« Tu es sûre de vouloir faire ça ? » demanda Riza, dont le collier de trophées tintait au rythme de ses pas.

« Il le faut. Ce qui m'est arrivé peut se reproduire. Il faut prévenir les oracles, trouver un moyen d'empêcher que ça arrive à nouveau. Pour moi comme pour les autres. »

Konoe essayait d'avoir l'air sûre d'elle, mais elle-même était en proie au doute. Zeldsan était un dieu parmi les plus puissants, quel espoir avaient-elles de contrer sa volonté ? Même avec l'aide des esprits, elle n'avait rien pu faire. Elle n'avait même pas réalisé à quel point elle était manipulée, fragilisée.
Pour elle qui avait une confiance absolue en ses deux gardiens depuis sa plus tendre enfance, qu'ils aient failli l'avait dévastée. Son monde s'était écroulé avec ses certitudes.

Cette baisse de confiance s'était d’ailleurs reflétée sur ses gardiens. Ombra, d'habitude pleine de malice, se contentait de louvoyer dans la foule loin devant, sans un mot. Quant à Luce, elle faisait de son mieux pour réconforter Konoe mais elle avait perdu cette attitude chaleureuse qui la caractérisait.
L'oracle ignorait si ses esprits étaient eux-mêmes en proie au doute ou si c'était un simple reflet de son propre conflit intérieur. Elle ne leur avait pas demandé. À vrai dire, elle avait même refusé de leur parler depuis la fin du siège d'Olori, quelques jours plus tôt.

« Et toi ? Es-tu certaine de vouloir m'accompagner ? » demanda-t-elle.

En plus d'avoir parasité ses visions, Zeldsan avait également infiltré ses sens. Il avait pu voir par ses yeux, entendre par ses oreilles et apprendre tout ce qu'elle savait.
Malgré sa vigilance, elle n'avait rien pu faire. Elle n'avait même pas été consciente de ce lien qui s'était établi entre elle et le kahaine de la Domination. Et le dieu en avait bien profité.
Usant de ce pouvoir, il l'avait fait rassembler un groupe contenant tout ce dont il avait besoin pour être libéré : des yeux d'oracle et de la magie alfar. Il avait épié leurs déplacements, s'emparant des clés de sa prison quand ils étaient loin et leurs envoyant ses sbires jusque dans des lieux oubliés. Il avait même profité de leur voyage dans le Royaume Souterrain pour assiéger Argem, et la ville n'avait du son salut qu'à leur retour précipité et leurs efforts pour protéger la cité et la dernière clé.

Tout cela à cause d'elle et de ce lien qu'elle maudissait. Elle n'avait rien voulu de tout cela, mais ses intentions ne retiraient rien à sa responsabilité.
Et, en voyageant avec elle, Riza prenait le même risque que ses précédents compagnons : être toujours sous l’œil attentif de Zeldsan. Et peut-être traqué par ses soldats.

« Comme si j'allais te laisser faire un si beau voyage toute seule ! » répondit Riza en lui donnant une petite bourrade. Un grand sourire illuminait le visage de sa cadette. Elle avait toujours été optimiste — inconsciente d'après certains — et pleine de joie de vivre.

« On va voir des paysages exotiques, découvrir de nouvelles villes, rencontrer des gens et déguster de bons petits plats étrangers. Ça va être super ! » ajouta la jeune femme avant de partir d'un rire joyeux.
Konoe se surprit à sourire. Peut-être s'inquiétait-elle un peu trop.

« … Et tu vas pouvoir apprendre de nouvelles chansons. »

Les deux faellens arrivèrent finalement à la porte de la ville, d'où devait partir le convoi. Après avoir payé leur voyage, les soeurs prirent place dans une charrette, qui devait les emmener vers Ouestrive, et l'espoir d'y trouver des réponses sur ce lien et un moyen de le rompre.
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