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Devant les murailles, face à l'armée de Zeldstan

le Lun 9 Avr - 21:31
Le Haut Prêtre est à quelques centaines de mètres seulement devant eux, coincé entre le Siège et son Armée. Eux aussi sont coincés, en quelque sorte, entre les deux cohortes. Asenath ne dit rien, mais elle n’en pense pas moins. Ses yeux guettent en coin Elias qui revient vers elle après avoir délaissé le griffon sur lequel il était perché le temps du voyage. Son air est grave.

Asenath s’imagine que ce n’est pas tous les jours qu’on voit son ancien Maître.

Qu’on cherche à le tuer.

Elle a déjà vu cet air quelque part, ce mélange infime de terreur et de haine. Cette envie de vivre, d’être libre qui l’avait tant séduite plus jeune. Qui avait animé en elle quelque chose de bien différent de l’amour. Une possessivité.

C’est avec un petit sourire moqueur qu’elle l’accueille, remettant un plis de sa robe marquée du sceau de Jehanne en place. Elle est fière, comme à son habitude, mais encore plus. Ses ailes sont dressées derrière elle, laissant apparaître le sceau de Cyt sur la membrane fine et bleue pâle, presque fantomatique.

« Tu me rappelles quelque chose… »

Elle s’approche d’un petit pas, déposant doucement sa main sur l’épaule de son Chevalier pour mieux se pencher vers lui. On dirait un couple, mais en réalité, il n’y a rien de tel entre eux. Les griffes qui rayent le métal de son armure en sont la preuve.

Il y a peut-être un peu de Cyt en lui, il n’en reste pas moins son Macabre.

Avec un accent difficile et maladroit, elle chuchote à son oreille d’un ton chaud :

« Ceci est notre dogme
La force de soi réside dans le sacrifice de l'autre
Frères, je dois vous dire
Je vais chasser auprès de lui
Et tous les égorger comme de faibles proies »

Elle est très proche, assez pour le mordre, mais elle n’en fait rien. Elle recule simplement d’un petit pas, le guettant de ses yeux électriques. Le sourire qui barre son visage est étrange, effrayant. Elle est effrayante avec ses grands yeux et ses oreilles pointures, ses cornes qui ont poussées et ses cheveux devenus plus immaculés qu’avant.

La petite fille a grandi.

Lui aussi, il a grandi.

« C’était il y a bien longtemps, pas vrai ? »

Elle laisse glisser sa main sur la joue de l’homme, cherchant dans ses yeux quelque chose.

« Tu n’étais rien, et pourtant, regarde-toi, Elias. »

Son sourire est fier, mais particulièrement doux également. Sa main quitte calmement sa joue, prenant un peu de recul pour mieux le couver de son regard.

« Cette nuit, le Haut Prêtre tant chéri de Zeldstan, son chien favori, va perdre la tête de ta main. J’ai fait de toi mon champion, j’ai insufflé d’abord la vie après ta mort, puis la force… Il ne te reste plus que le courage. » Elle a un rire, mais ses canines aiguisées laissent entrapercevoir la folie qui l’habite. « Est-ce que tu as peur, Elias ? Peur de ton ancien maître ? »

Les iris bleus tonnerre le fixent, le détaillent.

Ils semblent lire son âme.
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Re: Devant les murailles, face à l'armée de Zeldstan

le Sam 14 Avr - 10:20
Perdu dans le flot de ses pensées, entre tactiques et craintes, perturbé par quelques douloureux souvenirs tentant de revenir à la surface, Elias ne vit pas sa maîtresse s'approcher de lui.
Quand il prit conscience de sa présence, il la contempla tout en l'écoutant d'une oreille distraite.
Oui. Cela faisait longtemps à présent. Sa maîtresse avait bien grandie. Elle était belle à présent. Et bien plus dangereuse, ce qui pour le macabre contribuait à son charme.

Il sourit, et tendit la main vers le visage d'Aseneth pour remettre instinctivement une mèche rebelle de l'alfar qui cachait les deux saphirs impétueux qui le fixaient. Ses doigts frôlèrent au passage la joue de la jeune femme d'une caresse délicate, puis il répondit :
"Zeldsan est-certes puissant et effrayant, mais je pense devoir bien moins redouter son courroux que le vôtre si j'ose vous décevoir aujourd'hui. Vous me feriez subir des choses auxquelles même Zeldsan, malgré sa cruauté et sa nature kahainique, n'aurait pensé."
Approchant son visage un peu plus du sien, il ajouta avec un air presque libidineux :
"Mais j'avoue être curieux de ce que votre esprit diablement torturé et votre délicieuse démence pourraient bien inventer et concevoir rien que pour moi. Rien que par curiosité, je me laisserai presque aller à la tentation..."
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Re: Devant les murailles, face à l'armée de Zeldstan

le Sam 14 Avr - 22:00
Elle le laisse la frôler, elle le laisse l’approcher comme elle ne l’aurait voulu de personne d’autre, pas même des Dieux que pourtant elle vénère et respecte.
Parce qu’il lui appartient, tout simplement. Il est la seule chose de ce monde qu’elle est persuadée de détenir véritablement, et cela la fait sourire. Son visage se peint d’un air inquiétant mais fier.

“Même si je devrais te punir car tu te piques de l’audace de croire que je peux faire de toi l’objet de mes pensées et surtout de ma cruauté…. j’ai tout de même envie de jouer.”
s’amuse-t-elle, “Si tu perds face à ton ancien Maître, je reprendrais tout ce que je t’ai donné, jusqu’à ton nom. Tu mourras dans l’indifférence, et je trouverais un nouveau serviteur.”

Elle recule, alors que derrière eux on s’agite. Il est l’heure.

“Si au contraire, tu gagnes, je penserais peut-être à te faire goûter à quelques délices sanguinolents. Nous aurions bien le temps de ce genre de chose une fois Bévône rayée.”

Elle se mord la lèvre, comme si elle se retenait soudainement de frapper quelqu’un ou quelque chose, et finalement se retourne sur le général qui arrive vers eux.

“Enfin, peut-être.”

Son sourire s’étire avant de disparaître pour reprendre le sérieux qui lui va si bien.

C’est l’heure.


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Re: Devant les murailles, face à l'armée de Zeldstan

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