Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Messages : 19
Date d'inscription : 13/03/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Après la séance n°9

le Mer 11 Oct - 11:09
Après avoir visité certaines boutiques de la capitale, le groupe se dirigeait vers une auberge de bonne qualité, suffisante pour satisfaire Asenath, sur les conseils de Cyssh.
Sur le trajet, Elias restait silencieux tandis que son corps se modifiait, récupérant des fonctions et sensations qu'il n'avait plus ressenties depuis près de cinquante ans.

Le nouveau chevalier noir n'était pas forcément ravi de ce changement : être continuellement un mort-vivant et ne jamais avoir à satisfaire des besoins primaires s'était révélé particulièrement pratique, surtout pour quelqu'un qui de son vivant avait toujours dû lutter pour les combler. Le retour des battements de son cœur et la nécessité à nouveau de devoir respirer (ce qui pour le moment lui demandait un effort conscient pour ne pas s’asphyxier par oubli d'inspirer) le contrariait plus que ne le rendait nostalgique. Sans compter que cela lui avait permis jusqu'à présent de se dévouer corps et âme au service d'Asenath, en ignorant totalement sa propre personne.
De plus, les nombreuses et longues veillées nocturnes lui avaient donné l'opportunité d'accumuler d'importantes connaissances, assouvissant cette soif de savoir qu'il pensait ne jamais pouvoir satisfaire.

Enfin, le lien psychique qui l'unissait à sa maîtresse et lui permettait de vivre en tant que mort-vivant n'existait plus. Certes cela ne changeait rien à son dévouement et sa fidélité envers Asenat, d'autant que cette nouvelle condition apportait aussi de nombreux avantages qui sur certains aspects lui permettront d'être plus efficace et de mieux servir sa maîtresse. Mais parallèlement il regrettait déjà la perte de cette connexion particulière voir "intime" avec elle, remettant en question sa légitimé en tant que serviteur de la nécromancienne.
Mais finalement, ce qu'il craignait sans doute le plus était l'acquisition de cette nouvelle liberté. En effet, pour quelqu'un qui a toujours été entièrement dépendant de l'entité ou la personne qu'il servait, ce gain soudain d'autonomie avait de quoi le perturber. Et cette "émancipation" n'était-elle pas potentiellement dangereuse pour Asenath ?

Impassible de l'extérieur mais troublé dans le fond, Elias observait discrètement sa maîtresse. A cet instant elle ne laissait rien transparaître, mais que pensait-elle réellement de tout ceci ?
Elias laissa s'échapper un soupir silencieux et afficha un mince sourire: son intuition lui disait qu'il allait devoir redoubler d'efforts auprès de sa maîtresse pour effacer les doutes qui allaient probablement s'installer en elle suite au rituel. La préparation d'un thé une fois arrivé à l'auberge semblait indispensable, afin de mettre sa maîtresse en de bonnes conditions avant d'entamer avec elle une longue discussion.

Malgré toutes ces interrogations, Elias se mit aussi à réfléchir au futur du groupe et ce qu'ils allaient à présent faire, et c'est dans cette optique qu'il s'adressa soudainement à Cyssh:
"Demoiselle Cyssh, maintenant que votre mission auprès de Valice Lamenoire est accomplie et sachant qu'il est fort probable que nous retournions à Arlys, que prévoyez-vous de faire à présent ?"
avatar
Messages : 1
Date d'inscription : 20/09/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Après la séance n°9

le Ven 13 Oct - 14:09
Cyssh guidait le groupe dans les rues labyrinthiques de la ville. Certaines rues dans lesquelles passaient la Khaymeri ressemblaient à des véritables coupe-gorge et inspiraient que très peu de confiance

Elle haussa un sourcil à la demande d'Elias. Elle n'avait pas beaucoup réfléchit au sujet. La Khaymeri se contentait de suivre ce qu'elle (et la chamane de son village) considérait comme une volonté de Cyt.
"Si la championne de Cyt a besoin de moi en Arlys, je peux vous suivre sans problèmes", répondit la femme sans s'arrêter, "rien ne m'attache ici, rien ne m'empêche de venir."

Elle arriva jusqu'à une bâtisse de pierre et de bois qui semblait très ancienne, mais bien entretenue. La peinture rouge semblait fraîche de quelques jours, les poutres avaient été poncés et vernis, les fenêtres fumées étincelaient. L'enseigne donnait de sa forme le nom de l'auberge.

La coupe d'or était un établissement aux standards élevés. Anciennement un bar vampirique où alcool et sang coulaient à flots, le déclin de la population saine de vampires a entraîné une diversification des activités de l'auberge. Nourritures, alcools, et Chambres pour permettre aux Khaymeris et nécromanciens de passage de se reposer, Sangs pour les quelques vampires qui se déplacent pour rendre hommage à Valice, breuvages alchimiques pour les autres morts-vivants, la carte était particulièrement complète. Les prix accompagnaient naturellement et il était probable que la troupe aurait du payer aussi cher dans l'établissement le plus réputé d'Argem. A 2 pièces d'or la bouteille d'eau, et 100 PO la chambre double, la note promettait d'être salée.

Enfin l'or n'était plus vraiment un problème. Depuis quelques temps, les aventuriers avaient retrouvé des objets de valeur. C'est vrai qu'après le pillage de la bibliothèque de Hautsorcel (qu'il était préférable de ne pas ébruiter), le groupe n'avait plus eut cette chance de croiser des objets aussi rare. Ils pouvaient se permettre ce genre de luxe.

Cela n'empêcha à la Khaymeri de suggérer en arrivant au comptoir : "Je vous offre une tournée ? Je peux vous faire goûter quelque chose qui vient de ma terre natale."
avatar
Messages : 9
Date d'inscription : 13/03/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Après la séance n°9

le Ven 13 Oct - 20:03
Plantée devant l’immense sarcophage aux côtés de Valice, la gamine observait d’un air fasciné et effrayé l’épreuve à laquelle se soumettait Elias. C’était elle qui lui avait donné l’autorisation, mais à cet instant, elle se demandait si elle avait eu raison.
Et si Elias n’en revenait pas ?
Elle serra les dents, rendant sa mâchoire plus saillante. Valice n’en vit rien, car sa tignasse sauvage encadrait que trop bien son visage fin, masquant ses yeux voilés d’incompréhension.
Il se passe quelques longues secondes de flottement, où Asenath ne savait plus exactement où elle se trouvait. Elle s’accrochait à ce lien si fort, ce fil rouge qui la reliait à son protecteur. D’ici, elle pouvait le sentir, l’imaginer. Il avait peur. Elle imaginait tout du moins que les frissons qui lui remontaient l’échine voulaient dire ça.
Elle inspira profondément, et alors que le calme revenait chez Elias, quelque chose se brisa.
Soudainement.
Elle le sentit et tourna son visage livide vers Valice. Mais le Roi ne la regardait pas. Il souriait.
Ses grands yeux bleu électrique étaient comme vides, dans le vague le plus total.
Est-ce qu’Elias était mort ?
La petite alfar put néanmoins se rassurer quand le sarcophage qui s’était ouvert laissa sortir Elias en bonne forme. Il était vivant. Asenath le fixa, l’air distant et perdu. Elle ne comprenait plus rien.
Il était vivant.

(…)

Marchant derrière le petit groupe, juste à droite d’Elias et à gauche de Cyssh, la jeune fille traînait un peu la patte. Si on lui demandait, elle dirait qu’elle était fatiguée. A la vérité, elle était surtout pressée d’aller prendre une bonne douche chaude et de s’enfouir sous trois tonnes de couverture.
Ce n’était pas faute pour Minka – son volatile de mort – de lui tenir chaud comme Asenath la tenait contre elle.
C’était juste que ces derniers jours avaient été éprouvant et qu’elle avait besoin de calme et de silence pour réfléchir. Pour s’entendre réfléchir.

Elle n’était pas fâchée ni vexée.
Son visage était pour ne pas dire le plus neutre possible. Elle ne souriait pas, et son regard terrible passait sur quiconque lui parler sans donner envie de continuer la discussion.
Minka seulement avait quelque affection. Quand elle n’avait pas mal aux bras. Quand elle commençait à s’endolorir, Chef récupérait la garde du petit volatile qui allait alors trôner sur le haut du crâne du barbare mort-vivant. Elle aimait particulièrement se lover dans son chapeau fait d’une fourrure inconnue – une sorte de chapka épaisse.
Arrivée à la taverne, qui aurait pu être bien plus crasseuse que ça qu’Asenath n’aurait rien dit, la jeune alfar jeta un regard à Elias en coin. Elle ne disait rien, et si elle comprenait que son rapprochement vis-à-vis de Cyssh tenait davantage du plan stratégique que des élans amoureux dont pouvaient faire preuve Aki, elle se demandait malgré tout au même moment si justement il ne pouvait pas naître plus que ça.

Après tout, Elias était vivant et il n’était plus lié à elle.
Il n’avait plus aucune raison particulière de la suivre et de la protéger. Il n’était plus lié – sa vie n’était donc plus conditionnée par celle de sa Maîtresse – et qui plus est, il était vivant. Un champion presque pour Cyt. Sa condition de Chevalier noir était plus que noble dans l’Empire Souterrain. Il aurait pu se trouver une petite banshee pas trop vulgaire et fonder un foyer à Château Tordu.

Elle serait seule avec Minka et Chef pour accomplir sa destinée.

Se renfrognant légèrement à cette idée, elle commanda à l’homme du comptoir un jus de cerise sanguine. Son air plus mature et son air supérieur n’invitaient pas à la discussion. Elle s’assit en déposant Minka sur son épaule.
Maintenant qu’elle avait l’air d’une jeune femme de seize, dix-sept ans, il n’était plus question de s’asseoir sur les genoux d’Elias – et encore moins sur son épaule.

Mutique, elle attendit son verre avant d’y plonger ses lèvres pâles.
avatar
Messages : 19
Date d'inscription : 13/03/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Après la séance n°9

le Sam 14 Oct - 17:08
Elias acquiesça légèrement suite à la réponse de Cyssh. La possibilité que la Kaymeri quitte le groupe l'indifférenciait sur le plan personnel. Cependant il ne pouvait ignorer la puissance de la guerrière. Elle constituait un atout non négligeable sur de nombreux aspects: en plus de sa force, elle vénérait Cyt, ce qui en faisait un allié potentiel et de choix pour Asenath. Néanmoins des doutes subsistaient quant aux réelles motivations de la Kaymeri : dans la mesure où elle obéissait bien aux ordres de son chaman qui les auraient reçu directement du kahaine de la Non-Vie, sans le détail de cette "vision" sur lesquels se basaient ces ordres il serait difficile au chevalier noir de lui faire entièrement confiance. Mais plus que de la méfiance envers Cyssh, c'est envers Cyt lui-même qu'Elias nourrissait des doutes : même s'il apparaissait évident qu'Asenath avait actuellement la bénédiction de l’entité, on ne connaissait pas  le détail de ses desseins. En effet, l'Empereur étant emprisonné dans un sommeil éternel, Elias craignait que l'Alfar ne soit qu'une marionnette de substitut pour le Kahaine le temps que ses serviteurs dévoués tels que Valice ne réveillent son champion ultime... A ce moment-là, qu'adviendrait-il d'Asenath ?
Cependant l'heure n'était pas à se préoccuper d'événements qui n'arriveraient pas avant longtemps, et d'autres priorités s'imposaient à lui, comme rassurer Asenath quant à sa nouvelle condition. De plus, comment pouvait-il être garanti que depuis le rituel, Cyt n'ai pas accès à ses pensées ?

Chassant ses doutes, il porta à nouveau le regard sur sa maîtresse, visiblement maussade. Comme il le craignait.
Elias ne répondit pas à la proposition de Cyssh, laissant Asenath décider pour eux deux. Il la suivit en silence jusqu'au comptoir puis resta debout à côté d'elle, la main droite posé à sa ceinture non loin du pommeau de Gloire et balaya la salle d'un regard, tel son garde du corps. C'était ainsi qu'il se comportait avant sa transformation, et c'est ainsi qu’il continuerait à se comporter. De cette manière il voulait montrer à sa maîtresse que rien n'avait changé dans son attitude et sa loyauté envers elle.
Enfin… « rien », c’était parler un peu vite... Son corps terminait sa transformation et sa gorge lui faisait atrocement mal, complètement desséchée après plusieurs décennies à ne plus avoir bu. Même chose pour son système digestif qui se remettait en marche qui se tordait sous la faim. S'ajoutait à cela une torpeur générale qui envahissait ses membres et son esprit... Mais il ignora ces signaux, et conserva sa position et sa vigilance près d'Asenath.
Même si c'était douloureux, il y avait finalement peu de différences avec ce qu'il ressentait de son vivant, n'ayant jamais eu de quoi assouvir ses besoins et étant donc constamment dans ce genre d’état. Il résisterait donc, comme il le faisait auparavant, mais cela provoquait néanmoins chez lui la remontée de souvenirs amers.

Après que l'idée se suicider pour redevenir un mort-vivant et simplifier à nouveau sa vie lui ai rapidement traversé l'esprit, il se promit de se sustenter plus tard, de préférence lors du bain de sa maîtresse pour qu'elle ne le voit pas dans ce qu'il considérait à présent comme un moment de faiblesse.
avatar
Messages : 9
Date d'inscription : 13/03/2017
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Après la séance n°9

le Sam 14 Oct - 21:30
Assise entre Elias et Cyssh, la jeune fille attendait d’un air terrible son jus de cerise sanguine.
Les choses étaient lentes, molles. Elle ne savait pas bien pourquoi, mais elle était agacée par la situation. Agacée que les choses ne tournent tout simplement pas comme elle le voulait. Légèrement agacée seulement. Parce que les choses n’étaient pas non plus si terribles que ça.
Elias était toujours bienveillant envers elle et il n’avait pas fait la moindre faute depuis sa sortie du sarcophage. Pour lui, c’était comme si rien n’avait changé.
Elle jeta un regard à Cyssh, puis darda de nouveau le visage d’Elias de ses iris électriques :

« Elias peut goûter à ma place. Je lui fais confiance ; il a le palais fin. »

C’était tout le contraire de Chef qui à ce moment-là était assis juste derrière Asenath – un colosse immense et dégoulinant de sang et de bave – et jouait timidement avec Minka. Le phoenix de mort lui jetait de petites flammèches bleutées qui n’avaient visiblement aucun effet sur les gros doigts du nécrophage.

« Ton pays natal, c’est Cytallid, c’est ça ? Un jour nous irons jusqu’au Temple d’Allid, mais peut-être que tu connais déjà ce kadai et ses habitantes. »
Contenu sponsorisé

Re: Après la séance n°9

Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum